Excursion en Camargue aujourd'hui. J'ai visité Saintes Maries de la Mer, ce lieu mythique de pélerinage gitan. Les Saintes Maries sont Salomé, soeur de la Vierge, et Jacobé, mère de Jacques et Jean, qui furent re-nommées avec le temps Marie-Salomé et Marie-Jacobé. Selon la légende, elles s'enfuirent de Palestine après l'ascension du Christ, en compagnie de nombreux disciples, dont Lazare, Marthe et Marie-Madeleine. Leur embarcation s'echoua sur cette plage. Les deux Saintes y demeurèrent en compagnie de leur servante Sara, tandis que Lazare s'établit à Marseille et Marthe à Tarascon.
Dans la crypte de l'église des Saintes-Maries, Sara est représentée sous les traits d'une vierge noire d'un mètre soixante, vêtue d'une robe gitane jaune à volants et froufrous. Les robes s'accumulent sur son corps-elle en serait à cinquante-si bien qu'elle parait obèse sous son frêle visage. Derrière cette poupée de plâtre, un reliquaire contient ses ossements supposés.
Qu'elles soient sculptées dans le bois, ou en peinture dans les magnifiques ex-votos du XIXe siècle exposés dans l'église, les deux Maries sont toujours représentées dans une barque. Deux fois par an le 25 mai et le 22 octobre leurs effigies, debout dans une barque, sont livrées à la mer. Dans Le temps des Gitans d'Emir Kusturica, on voit une procession gitane avec une barque.
Les gitans de Camargue vénèrent Sara la noire, Sara la Kali, comme ils disent.
L'église de Saintes-Maries de la Mer expose également une reproduction du linceul de Turin. Sur ce drap mortuaire qui pourrait dater du 13e siècle, ou avant, sont imprimés les traits photographiques d'un crucifié, visage et corps, mains croisées sur le ventre.
La Camargue est déserte en hiver, mais non moins belle. Les flamands roses sont paisibles dans leurs vastes étangs et s'envolent à l'approche des randonneurs. Les chevaux blancs aux crinières sales s'ebrouent dans leurs enclos. Les pêcheurs ne font pas sembler de pêcher, avec leurs bottes bleues et leurs bretelles. Et le soleil se couche brusquement, non sans laisser sa majestueuse signature rose dans les nuages.
dimanche, décembre 07, 2008
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1 commentaires:
Merci pour cette belle balade ; la chute mériterait un prix de poésie.
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